France
Spahis

Carte de Visite atelier Margain & Jager à Grenoble

Henri de Reynaud de Villeverd, Capitaine au 2e Spahis, vers 1875

La légende de cette photographie est postérieure à la séance de pose.
Henri de Reynaud de Villeverd porte en effet l'uniforme des Officiers Français des Spahis du début de la IIIe République, à partir de 1873 : Collet (et parements) garance, cette tenue particulière se distingue par les trois rangées d'olives qui ornent le dolman.
Le Comte Henri de Reynaud de Villeverd est né le 21 Octobre 1830 à St.-Egrève, en Isère.
Il est le quatrièm
e enfant d'Armand Charles François de Reynaud de Villeverd, ancien Capitaine aux Grenadiers de la Garde Royale.

Il est nommé Sous-Lieutenant au 2e Régiment de Cuirassiers de la Garde Impériale de Meaux le 30 mai 1855 - on l'y trouve encore, dans le même grade, dans l'Annuaire Militaire de 1863.
C'est donc avec ce régiment qu'il fait la Campagne d'Italie, dont il porte la médaille commémorative.

Il passera Capitaine le 30 Octobre 1867, et en 1870 on le retrouve Capitaine Commandant au 2e Spahis, à Mascara.
En octobre 1870, les Spahis forment les corps d'Eclaireurs Algériens qui viendront en France sur les champs de bataille de la Loire. Je ne sais pas si le Capitaine de Reynaud était du voyage, mais il était en tous cas bien présent en Afrique du Nord lors de l'Insurrection Algérienne de 1871 : dans "L'insurrection de la Grande Kabylie en 1871", le Colonel Robin mentionne qu'il commande le 3e Escadron d'Eclaireurs Algériens. Il participe à la colonne du Colonel Gousaud et sera présent le 2 Mai 1871 à la Bataille d'El Djelida :

"A peine la colonne arrivait-elle aux abords du village d'El-Djelida, où était la maison du caïd révolté des Harchaoua, Ahmed-ben-Aïssa, que des groupes armés assez nombreux apparaissaient sur la rive gauche du ravin boisé d'El-Akhera, au pied du djebel (...) Le lieutenant-colonel (..) croyant des intentions pacifiques leur envoya le cadi Si-Mohamed-ben-Laoubi pour les inviter à faire leur demande de soumission. Il y eut des pourparlers qui n'aboutirent qu'à des coups de feu tirés du côté des rebelles. Le goum et les éclaireurs algériens furent lancés sur un fort parti de piétons qui, à la faveur des bouquets de lentisque, s'étaient approchés jusqu'à 400 ou 500 mètres de le colonne ; on tirailla quelques instants sans résultat, puis l'escadron d'éclaireurs, entraîné par le capitaine de Reynaud de Villeverd, fondit résolument sur eux. Les rebelles se dispersèrent laissant une dizaine de cadavres sur le terrain.
Le village de Djelida fut livré aux flammes. A ce moment, un parti de rebelles, évalué de 600 à 800 hommes, fut signalé descendant les pentes nord du Djebel-Helala ; le lieutenant-colonel Trumelet voulait les laisser s'approcher dans un terrain favorable à la cavalerie, mais le commandant Delorme, sans attendre d'ordre, lança trop tôt une portion de sa cavalerie ; les rebelles eurent le temps de se rejeter dans d'épaisses broussailles inaccessibles aux chevaux devant lesquelles les cavaliers durent s'arrêter. Il fallu battre en retraite sous le feu de l'ennemi qui, enhardi par ce mouvement rétrograde, s'avança plus nombreux; cette fois, on le laissa s'approcher - Deux compagnies de chasseurs à pied furent envoyées sur sa gauche en remontant le ravin d'El-Akhera, tandis que la cavalerie, prenant les rebelles par leur gauche, les chargeait dans une clairière où ils s'étaient imprudemment avancés, les enveloppait et les sabrait; vingt-cinq d'entre eux restèrent sur la place. Les insurgés à qui on avait eu affaire étaient des Harchaoua, des Beni-Djad, des Nezlioua, des Beni-Khaliou et des Ammal."

Il est également cité dans la composition de la Colonne organisée par le Général Cérez le 7 juin pour "aller opérer dans la vallée de l'oued Sahel", sous le commandement du colonel Goursaud (colonel des Eclaireurs Algériens).

Le Corps des Eclaireurs Algériens sera licencié à l'issu de la répression de l'insurrection, et on retrouve en 1873 le Capitaine Reynaud au 2e Spahis. Il est Chevalier de la Légion d'Honneur (sa nomination datant d'avant la fin de l'Empire, au vu du modèle de médaille porté).

Le 19 Janvier 1875, il épousera à Aix Marie-Joséphine de Foresta (née le 30 Mai 1832), fille de Marie-Joseph,  Marquis de Foresta, et de Marie-Charlotte-Léon-Suzanne-Thècle-Sosthènes d'Ourches.

Le 5 Avril de la même année, il sera promu Chef d'Escadrons et affecté au 2e Hussards, "Chamborant".
En 1879 Reynaud quitte quitte la Métropole avec le régiment pour l'Algérie ; il est fait Officier de la Légion d'Honneur le 29 Décembre 1882. Le régiment reviendra d'Orléansville en 1884.
En 1886 on le retrouve dans l'Armée Territoriale, à l'Escadron de Cavalerie Légère de la 16e Région. Il y sera encore en 1887, mais en 1891 aura quitté le service.
Henri Reynaud de Villeverd décède le 21 juillet 1911, à Nice.