Le Comte Henri de Reynaud de Villeverd
est né le 21 Octobre 1830 à St.-Egrève, en Isère.
Il est le quatrième enfant
d'Armand Charles François de Reynaud de Villeverd,
ancien Capitaine aux Grenadiers de la Garde Royale.
Il est nommé Sous-Lieutenant au 2e Régiment de Cuirassiers de la Garde
Impériale de Meaux le 30 mai 1855 - on l'y trouve encore, dans le même
grade, dans l'Annuaire Militaire de 1863.
C'est donc avec ce régiment qu'il fait la Campagne d'Italie, dont il
porte la médaille commémorative.
Il passera Capitaine le 30 Octobre
1867, et en 1870 on le retrouve Capitaine Commandant au 2e Spahis, à
Mascara.
En octobre 1870, les Spahis forment les corps d'Eclaireurs Algériens
qui viendront en France sur les champs de bataille de la Loire. Je ne
sais pas si le Capitaine de Reynaud était du voyage, mais il était en
tous cas bien présent en Afrique du Nord lors de l'Insurrection
Algérienne de 1871 : dans "L'insurrection de la Grande Kabylie en
1871", le Colonel Robin mentionne qu'il commande le 3e Escadron d'Eclaireurs
Algériens. Il participe à la colonne du Colonel Gousaud et sera
présent le 2 Mai 1871 à la Bataille d'El Djelida :
"A peine la colonne arrivait-elle aux abords du village d'El-Djelida,
où était la maison du caïd révolté des Harchaoua, Ahmed-ben-Aïssa,
que des groupes armés assez nombreux apparaissaient sur la rive gauche
du ravin boisé d'El-Akhera, au pied du djebel (...) Le
lieutenant-colonel (..) croyant des intentions pacifiques leur envoya le
cadi Si-Mohamed-ben-Laoubi pour les inviter à faire leur demande de
soumission. Il y eut des pourparlers qui n'aboutirent qu'à des coups de
feu tirés du côté des rebelles. Le goum et les éclaireurs algériens
furent lancés sur un fort parti de piétons qui, à la faveur des
bouquets de lentisque, s'étaient approchés jusqu'à 400 ou 500 mètres
de le colonne ; on tirailla quelques instants sans résultat, puis
l'escadron d'éclaireurs, entraîné par le capitaine de Reynaud de
Villeverd, fondit résolument sur eux. Les rebelles se dispersèrent
laissant une dizaine de cadavres sur le terrain.
Le village de Djelida fut livré aux flammes. A ce moment, un parti de
rebelles, évalué de 600 à 800 hommes, fut signalé descendant les
pentes nord du Djebel-Helala ; le lieutenant-colonel Trumelet voulait
les laisser s'approcher dans un terrain favorable à la cavalerie, mais
le commandant Delorme, sans attendre d'ordre, lança trop tôt une
portion de sa cavalerie ; les rebelles eurent le temps de se rejeter
dans d'épaisses broussailles inaccessibles aux chevaux devant
lesquelles les cavaliers durent s'arrêter. Il fallu battre en retraite
sous le feu de l'ennemi qui, enhardi par ce mouvement rétrograde,
s'avança plus nombreux; cette fois, on le laissa s'approcher - Deux
compagnies de chasseurs à pied furent envoyées sur sa gauche en
remontant le ravin d'El-Akhera, tandis que la cavalerie, prenant les
rebelles par leur gauche, les chargeait dans une clairière où ils
s'étaient imprudemment avancés, les enveloppait et les sabrait;
vingt-cinq d'entre eux restèrent sur la place. Les insurgés à qui on
avait eu affaire étaient des Harchaoua, des Beni-Djad, des Nezlioua,
des Beni-Khaliou et des Ammal."
Il est également cité dans la
composition de la Colonne organisée par le Général Cérez le 7 juin
pour "aller opérer dans la vallée de l'oued Sahel",
sous le commandement du colonel Goursaud (colonel des Eclaireurs
Algériens).
Le Corps des Eclaireurs Algériens
sera licencié à l'issu de la répression de l'insurrection, et on
retrouve en 1873 le Capitaine Reynaud au 2e Spahis. Il est
Chevalier de la Légion d'Honneur (sa nomination datant d'avant la fin
de l'Empire, au vu du modèle de médaille porté).
Le 19 Janvier 1875, il épousera à
Aix Marie-Joséphine de Foresta (née le 30 Mai 1832), fille de
Marie-Joseph, Marquis de Foresta, et de
Marie-Charlotte-Léon-Suzanne-Thècle-Sosthènes d'Ourches.
Le 5 Avril de la même année, il sera
promu Chef d'Escadrons et affecté au 2e Hussards, "Chamborant".
En 1879 Reynaud quitte quitte la Métropole avec le régiment pour
l'Algérie ; il est fait Officier de la Légion d'Honneur le 29
Décembre 1882. Le régiment reviendra d'Orléansville en 1884.
En 1886 on le retrouve dans l'Armée Territoriale, à l'Escadron de
Cavalerie Légère de la 16e Région. Il y sera encore en 1887, mais en
1891 aura quitté le service.
Henri Reynaud de Villeverd décède le 21 juillet 1911, à Nice. |