France
Chasseurs à Cheval de la Garde Impériale


Carte de Visite non signée
Lieutenant aux Chasseurs de la Garde Impériale en petite tenue


Ce Lieutenant arbore une belle collection de médailles - malheureusement floue, mais qui comprend fort probablement la Légion d'Honneur, la Médaille d'Italie, la Valeur Militaire Sarde et la Médaille Britannique de Crimée. 

On remarquera la sabretache de petite tenue, ornée des Armes Impériales - les Chasseurs de la Grade ne reçurent la sabretache que début 1860.

Cet officier apparaît sur une composition des portraits des officiers du 3e Hussards à la veille de la Guerre de 1870. Ceci devrait nous permettre de l'identifier, puisque seuls quelques officiers des Chasseurs de la garde passèrent à ce régiment :


Marie-Paule-Laurent-Alfred de BATSALLE, nommé sous-lieutenant au 3e Hussards le 6 Décembre 1850, est promu Lieutenant le 19 Août 1855 et rejoint les Chasseurs de la Garde dès 1856.
Lorsqu'il est promu Capitaine au 3e Hussards, le 5 Mai 1859, il n'est pas encore titulaire de la Légion d'Honneur et ce ne peut donc être notre homme (la sabretache n'étant de plus pas encore introduite au régiment) .
Batsalle sera toujours au 3e Hussards en 1870 - après que le régiment se soit évadé à Sedan et regroupé à Chambéry pour se réorganiser, Batsalle prendra la tête du 7e Escadron levé le 3 Décembre.
Cet escadron sera affecté le 16 Décembre à l'Armée des Vosges - et passera au 11e Régiment de Marche Mixte de Cavalerie le 26 Janvier 1871.
Il n'apparaît plus dans l'Annuaire de 1873.

Batsalle est le "héros" d'une anecdote qui fera les délices des chroniqueurs du Second Empire (in "La vie parisienne sous le second empire" de Louis Sonolet) :
"Le général Cassaignolles, commandant la brigade de cavalerie légère de la garde impériale, réunissait une fois par semaine ses deux régiments pour les faire manœuvrer ensemble, dans la vallée de la Sole, près de Fontainebleau. Il arriva qu'après une promenade en forêt, l'Impératrice rencontra guides et chasseurs en train de se livrer à leurs évolutions guerrières parmi la verdure.
Elle s'arrêta pour les regarder. Un fourgon la suivait contenant un somptueux goûter. Pendant la pause, les officiers furent conviés par elle à un lunch improvisé et rustiquement  servi sur l'herbe. Le général et les deux colonels portèrent des toasts à la souveraine. Il faisait un temps radieux. C'était une fête à la fois militaire et champêtre.
- Dans les parties de campagne, dit l'Impératrice, il y a toujours quelqu'un qui se dévoue pour attaquer la chanson traditionnelle. l'un de vous, messieurs, ne voudra-t-il pas égayer notre réunion ?
- Batsalle ! Batsalle! désigna le chœur.
Lieutenant aux chasseurs de la garde, Batsalle passait pour détenir un répertoire des plus variés.
- Comment, vous hésitez ?
- Beaucoup, Madame, parce que les chansons que je connais ne sont guère faites pour être chantées en présence de Votre Majesté.
- Bah ! admettons que les mots un peu trop vifs, vous les remplacerez par turlututu.
- C'est que...
- Quoi encore?
- C'est qu'alors, Madame, il n'y aura presque que des turlututus !
La sonnerie à cheval mit fort heureusement fin à l'embarras du chanteur."


Marie-Joseph-Alfred DIJOLS sera également au 3e Hussards (dont il sera le Major) au début de la guerre de 1870.
Lorsqu'il rejoint les Chasseurs de la Garde, courant 1860, il est toutefois Capitaine depuis le 30 Octobre 1857 - et n'est pas encore décoré de la Légion d'Honneur.
En 1861 il a changé de régiment pour prendre un poste de Capitaine-Adjudant-Major au 11e Chasseurs, à Sedan.
Ce régiment partira l'année suivante pour l'Algérie où il restera quatre ans.
Dijols rejoint le 3e Hussards où il succède comme Major à
Thomas Carrichon en 1866.
Commandant à Chambéry le dépôt du 3e Hussards à l'entrée en guerre, il passera Chef d'Escadron le 25 Novembre 1870 pour commander en second le 4e Régiment de Marche de Lanciers.
En 1873 on le retrouve dans le même grade au 16e Dragons.

Louis-Charles-Agénor SAVIN DE LARCLAUSE passera également par les Chasseurs de la Garde puis le 3e Hussards : il ne rejoint toutefois le premier qu'au grade de Capitaine vers 1859-60.

Vinoc-Joseph HELLEBOID, né le 25 Novembre 1823 à Salperwick (Pas-de-Calais), est nommé Sous-Lieutenant le 9 Août 1850 ; il rejoindra la Cavalerie le 10 décembre 1851 par suite de permutation.

En 1854, on le retrouve au 4e Chasseurs d'Afrique de Mostaganem. Ce régiment, qui s'illustrera en Crimée en sauvant la Brigade Légère de Cardigan à la bataille de Balaklava, sera dissous par décret du 5 Avril 1856, qui précise :
"2.Les officiers de tous grade de ce régiment seront mis en non-activité par licenciement, pour être replacés simultanément, soit dans le régiment de chasseurs de la garde impériale, suivant les propositions qui seront établies à cet effet par M. le maréchal commandant en chef l'armée d'Orient et M. le maréchal gouverneur général de l'Algérie, soit dans les autres régiments de chasseurs d'Afrique où des vacances se produiront par suite du passage des officiers dans la garde, soit, enfin, dans d'autres corps de cavalerie de la garde ou de la ligne."

Helleboid passe Lieutenant en Second le 13 Août 1857 - en 1859 on le retrouve Chevalier de la Légion d'Honneur, et en 1860, Lieutenant en Premier.
Il est promu Capitaine le 12 Août 1861 et rejoint le 11e Chasseurs qui part pour l'Afrique et Mostaganem où il fait donc son retour.
Il sera promu Chef d'Escadrons le 27 Février 1869, et rejoindra alors le 3e Hussards à Lyon.

Helleboid n'est plus mentionné dans l'Annuaire de 1873.
Il décèdera le 9 Janvier 1886 à Neuily-sur-Marne ;  enterré au cimetière de l'Est à Lille, sa tombe mentionne qu'il fut Officier de la Légion d'Honneur et décoré de la Valeur Militaire Sarde.
C'est très probablement notre homme.