France
2ème Hussards

Document atelier Macaire à Valenciennes

A la Mémoire de Léon Delcourt, Brigadier au 2e Hussards

Cet émouvant document perpétue la mémoire du Brigadier Léon Delcourt, "tué dans une reconnaissance près Blois le 27 Janvier 1871 à l'âge de 20 ans et 2 mois."

En Janvier 1871, le Régiment de Guerre du 2e Hussards est en captivité en Allemagne, suite à la capitulation de Metz du 28 Octobre 1870.
Le 2eme Escadron du 2e Hussards était resté en dépôt avec le peloton hors-rang.
Ce dépôt avait formé trois Escadrons, les 7e, 8e et 9e. Les escadrons seront affectés de la façon suivante :

- 2e Escadron : 1er Régiment de Marche des Hussards - affecté au 16e puis 21e Corps.
- 7e Escadron : 4e Régiment de Marche Mixte de Cavalerie (formé à Tarbes en Octobre 1870 pour le 17e Corps).
- 8e Escadron : 7e Régiment de Marche Mixte de Cavalerie (formé à Tarbes en Décembre 1870 pour le 24e Corps).
- 9e Escadron : 9e Régiment de Marche Mixte de Cavalerie (formé à Châteauroux en Janvier 1871 pour le 25e Corps).
- Citons également le 2e Régiment de Marche des Hussards (formé le 1er Novembre 1870 à Poitiers, affecté au 18e Corps).

La Deuxième Armée de la Loire, qui combattait dans cette région en Janvier 1871, était composée des 16e, 17e et 21e Corps d'armée (plus des éléments divers). Léon Delcourt provenait donc probablement du 2e ou du 7e Escadron du 2e Hussards.

Voyons quelles étaient les positions fin Janvier 1871 :
"Le 22 janvier, les positions de l'armée étaient les suivantes :
A Château-Gonthier, les volontaires de Cathelineau reliés à Laval par la cavalerie du 16e corps, observant tous les passages de la rivière ;
De Laval à Mayenne, les 16e et 17e corps ;
De Mayenne à Ambrières, la 3e division du 21e corps ; (...)"

Rapprochons nous de la date qui sera fatidique à Léon Delcourt :
"Jusqu'au 27 janvier, le temps put être exclusivement employé à achever la reconstitution de l'armée, tout en surveillant dans toutes les directions, et le plus loin possible, l'ennemi, dont les positions n'avaient pas sensiblement changé.

SITUATION AU 27 JANVIER.
"Au grand quartier général de Laval, le 27 janvier 1871 (n°228).
D'après les renseignements recueillis dans la journée, l'armée du duc de Mecklembourg semblerait couvrir son mouvement vers le nord par des partis qui se sont présentés à Orbec et jusqu'en vue de Lisieux. Un engagement aurait eu lieu aujourd'hui à Villiers, à quatre kilomètres de cette ville, entre la garde nationale et un détachement prussien.
On ne signale aucun mouvement de l'ennemi aux environs d'Alençon, qui a été réoccupé par lui.
Des reconnaissances des 16e, 17e et 21e corps ont rencontré les avant-postes allemands dans les localités signalées aux instructions d'hier. Sainte-Suzanne et Charmes sont occupés par l'ennemi, qui aurait également reparu à Sablé. D'après une lettre adressée de Sillé, le prince Charles serait encore au Mans, mais ses corps d'armée seraient en partie sur la rive droite de la Sarthe, d'Alençon à la Flèche, par Fresnay, Sillé, Brulon et Sablé"

Telle était donc la situation réelle des choses, quand le 29 janvier, dans l'après-midi, le général en chef reçut de la délégation de Bordeaux la dépêche suivante :
"La délégation du gouvernement établie à Bordeaux, qui n'avait jusqu'ici, sur les négociations entamées à Versailles, que des renseignements fournis par la presse, a reçu cette nuit le télégramme suivant, qu'elle porte à la connaissance du pays dans sa teneur intégrale :
M. Jules Favre, ministre des affaires étrangères, à la délégation de Bordeaux.
Versailles, 28 Janvier, onze heures quinze du soir.
Nous signons aujourd'hui un traité avec M. le comte de Bismarck. - Un armistice de vingt et un jours est convenu. - Une assemblée est convoquée à Bordeaux pour le 15 février. - Faites connaître cette nouvelle à toute la France. - Faites exécuter l'armistice, et convoquez les électeurs pour le 8 février. Un membre du gouvernement va partir pour Bordeaux.
Signé : JULES FAVRE."

Léon Delcourt sera donc tombé à la veille de l'armistice.
Il est, d'après "les Hussards de Chamborant - 2e Hussards 1735-1897", un des deux morts du Régiment "aux armées de la Loire et de l'Est".